Mesurer l’innovation ou presque.
Dans une entreprise , un établissement ou autre organisme, il faut une juste mesure entre exploitation ( développement des ressources existantes) et exploration ( innovation).
Retrouver les éléments qui contribuent à l’invention et à l’innovation est une quête pour les psychologues ( Steven Johnson…). Au delà, des chercheurs en psychologie, les mathématiciens ( Stuart Kaufmann-théorie de la complexité, …) , les philosophes (Bachelard Epistémologie, Althusser…) se sont penchés sur ce sujet ambitieux.
Dans cet article, nous vous présenterons quelques modestes idées. En effet, si l’on consulte les théories acceptées sur la créativité, nous constatons qu’elle peut être mise en corrélation avec la théorie des contraintes.
L’hypothèse de départ est de considérer les contraintes comme ressort à l’invention et à l’innovation sous conditions.
Cette idée à germer en jouant au jeu « tech’it » qui ambitionne de faciliter la création dans les entreprise notamment.
Les créateurs sous contraintes
Ces ingrédients sont nombreux pour autant, si on se réfère à la créativité, ils constituent tous des contraintes innovantes. La tension provoquée par ces termes à priori antinomiques, s’explique par le champ infinie que l’imagination ( définit parfois comme la folle du logis) est potentialisée aussi par les ressources du réel. Il en résulte donc que le créateur est perdu dans ce champ des possibles, d’où l’idée de contraindre ou de restreindre le créateur.
L’écrivain Georges Pérec dans « la disparition » s’astreint à ne pas utiliser de « e » comme dans d’autres lipogrammes, et les exemples dans l’art notamment sont légion.
Une expérience a été faite. 1 :On a présenté à des étudiants une énigme, celle d’un chirurgien qui doit détruire une tumeur cérébrale profonde, sans employer ( contraintes) toute la puissance de son laser sous peine de nuire aux tissus intermédiaires. Quelle solutions a-t-il ? Réponse : utiliser plusieurs faisceaux de moindre puissance convergents ( 10 % des étudiants retrouvent la réponse). 2 : Ensuite on prend d’autres étudiants et on fait précéder l’énigme du chirurgien par celle ci : Un général doit assiéger une forteresse, mais une armée suffisante pour vaincre la forteresse serait retenue par l’étroitesse de la rue principale de la ville. Que doit-il faire ? 3 Réponse : fragmenter l’armée en petits groupes, on donne la réponse aux étudiants, cette fois-ci 20 % trouvent la réponse et 75 % si on les informe qu’il existe un rapport entre les deux histoires…
Quel est un des points communs dans ces expériences créatives. Comment faciliter la création en s’appuyant sur les sept idées clefs sur l’innovation de Steven Johnson dans son livre « Where good ideas comme from » que je résume ci-dessous (et ensuite comment les représenter ?):
-le possible adjacent ( recombinaisons d’éléments existants)
-le réseau liquide ( environnement favorable à l’innovation)
-The « slow hunch » (lente intuition) Les idées recombinées « maturent » pendant un temps long.
-la sérenpidité (une idée nouvelles remet en cause les idées établies.
-l’erreur
-l’exaptation (changement de fonction de l’organe).
-La plateforme ( écosystème facilitant la pullulation d’idées, ex :la musique classique bride, le jazz ouvre la voie à l’interprétation).
Confirmation par les neurosciences
Lionel Naccache, neurologue, à Graham Wallas « The art of Thought » 1926 et Jacques Hadamard mathématicien et psychologue français ( croisement disciplinaire intéressant) ont réalisé des études brillantes. Il existe dans la création , un schéma en quatre temps. une période de préparation, d’incubation, d’ illumination, de finition. Lionel Nacache explique « Quand on cherche une solution compliquée ( cf théorie de la complexité mathématiques, E. Morin) à un problème difficile, il faut donc déterminer, consciemment, le jeu de contraintes qu’elle doit satisfaire et ensuite s’en « remettre » à notre fonctionnement inconscient, capable de fourmiller dans tous les sens en générant une grande diversité de représentations ».
Représenter la création
Le schéma de l’arc des contraintes innovantes ( sous licence CC : https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/fr/)

Si l’on considère les contraintes comme un arc de cercle, on peut déterminer la corde et la longueur de la solution créative. Pourquoi s’intéresser à ces deux éléments :
-il existe une corrélation entre ces deux variables ( mesure de l’arc ou de la corde et longueur). Des questions surgissent alors. Ces longueurs sont-elles corrélées et jusqu’à quels points ? Etc
-Il semble que plus la contrainte est importante plus la longueur s’accroît mais jusqu’à quel point et dans quelles conditions.
-dans ce cas il existerait une contrainte optimale ( ou la longueur du segment de droite est le plus long) avant que la contrainte devienne trop forte est la mesure relevé avec le rapporteur soit nulle et donc la solution créative impossible, voire même contraire à la création ( résultats négatifs)).
-Il existe des moments propices aux contraintes suggérés et à l’absence de contraintes
-Nous avons représenté une contrainte, en fait il en existe souvent plusieurs qui doivent interagir, qu’elles se nomment conditions, variables… elles restent des contraintes.
Etc (d’autres conclusions peuvent être déduite de cette représentation et des suivantes).

Nous avons donc ci-dessus les autres éléments :
-Le créateur est déterminé par des contraintes internes (1)
-Nous avons vu les possibilités infinies qui se présentent (2)
-Il existe plusieurs contraintes créatives (3)
-Il existe une solutions optimale ?
-Cette solution peut être formulée ?
Les auteurs de cet article demandent à ceux qui en auront l’usage de les avertir, ils seront heureux de participer aux éventuels développements. Auteur Thierry Durbec et Nicolas Durbec.

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