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Je m'aventure sur le terrain méthodologique alors qu'un qualiticien devrait seulement appliquer une méthode, certainement des souvenirs de mes études en épistémologie.

Ma longue histoire avec la roue de Demming à commencer il y a longtemps. Les qualiticiens , les managers et tant d'autres connaissent tous  cette méthode d'amélioration continue.  
Dans un premier temps, je faisais du 'Demming" sans le savoir. En effet, il est si simple de mettre en place une méthode sur l'amélioration et le "feedback", j'utilisais alors les items: prestations, évaluation, amélioration.

Puis j'ai pris connaissance des  4 étapes du PDCA (Plan -Do-Check-Act). Cette méthode incontournable m'a servi dans mes fonctions. Souvent, il m'arrivait d'intervenir dans la traduction des termes et donc dans cette méthode que j'utilisais fréquemment.


Plan-  que l'on traduit par plannifier me semblait impropre à la démarche allant de soi  qui consistait à préparer un démarche d'amélioration. La phase diagnostique par exemple que l'on rencontre souvent comme une phase indispensable ne coincidait pas avec une phase temporelle et contextuelle.


Le "Do"de même que la phase "Check" , me paraissait trop péremptoire, trop définitive, même si je connaissais la suite, le soucis de l'amélioration continue me paraissait délaissé même à cette étape. Je considère encore que des cycles plus court de PDCA existent.  La aussi l'outil s'adapte au contexte et pas l'inverse...


De même le "Act",  devait avoir aussi un caractère d'humilité. C'est le temps aussi de la remise en question et donc ensuite de l'action réévaluée. Cette étape me paraissait correspondre particulièrement aux principes de l'école de Palo Alto . C'est en effet l'étape privilégiée de la prise de recul bien que les autres étapes doivent considérer les niveaux logiques, les plans, les dimensions. Nous devrions raisonner en 3D. 


Et un livre d'Etienne Minvielle " La patient et le système" m'a permis de découvrir que je cette réflexion était partagée,  même si la doxa nous éloigne parfois d'une vrai traduction et donc d'une méthode plus conforme.
En effet, Demming lui-même, si on en croit Minvielle préferait en effet la traduction suivante: P- préparer, D- développer, Check- apprendre, A- ajuster. Le fameux PDCA, crime de lèse majesté deviendrait donc PDSA?

Au niveau méthodologie, on a une plasticité sur les 4 phases, une interaction entre ces étapes plus souple: 
P- La phase préparatoire où l'on prend en compte le contexte, l'environnement , le milieu, les interactions mais pas seulement ( Palo Alto et au delà). Le moment du cadrage et du recadrage devrait prendre sa dimension avec la notion de "plan" que j'ai développé par ailleurs. Cela devrait donc initier aussi les décisions en milieu complexe. Prendre en compte l'environnement, c'est aussi prendre en compte les acteurs et les dynamiques en présence. Cela nous renvoie aussi aux niveaux logiques complexes, Russell, Palo Alto, Morin ... 

D- Le developpement est un phase dynamique mais pas seulement, puisqu'elle rejoint celle de dépoiement. On est donc près de la notion de déplier intellectuellement comme on déplierai un carte devant nous pour un travail collectif. La notion étymologique me manque ici, trouvez-la...


S- Etudier, c'est aussi apprendre par des éléments positifs et apprendre de ces erreurs. C'est aussi faire preuve d'humilité. Combien sont les vrai experts qui, à la suite de Socrate déclaraient ne rien savoir, parceque savoir disaient-ils c'est ouvrir des portes inconnues? En conséquence, prendre en compte l'avis des autres notamment des "experts de terrain" se trouve illustré ici. La tragédie de la navette Columbia notamment, s'expliquerai par la difficulté a échanger des informations. J'ai fait un de mes sujets favoris le manque de complémentarité et le manque de continuité , entre les normes et les pratiques. Vous connaissez ces normes inapplicables, le livre de Daniel Morin en est truffé à l'instar du collectif réuni dans le livre " Au delà des grilles" dirigé par Barbara Cassin. 


A - Ajuster. au niveau de la résolution stratégique des problèmes, c'est aussi prendre en compte les solutions déja essayées pour ne pas refaire plus de la même chose. Je rappelle dans cette stratégie les étapes précisées par Giorgio Nardone:
1/Problème


2/ Définition du problème. En termes clairs, et SMART(Spécifique, Mesurable, Acceptable (et Ambitieux), Réaliste, Temporellement défini .


3/ Accord sur l’objectif. Travail collaboratif avec rôle d'animation du manager. 


4/ Analyse et évaluation des différentes tentatives de solutions. Pour ne pas plus de la même chose.


5/ Technique consistant à aggraver le problème. Imaginer ce qu’on ferait pour tout faire empirer... Cela vous rapelle des évènements à l'occasion de ctte pandémie?


6/ Technique du scénario idéal au-delà du problème. Et si on avait eu le matériel indispensable au bon moment pendant cette crise 


7/ Technique de l’alpiniste. On fais le chemin objectif-problème à rebours pour concevoir « le parcours le plus adapté jusqu’au sommet ».

8/ Ajustement progressif du tir. Voir dominique Genelot " Manager dans et avec la complexité avec la notion "en marchant" en résolvant les aspects les moins épineux d’un problème complexe. 


9/ Solution

Et enfin n'oubliez pas la cale, nombre de qualiticiens savent que si on ne fait rien , on revient sur le travail réalisé, beaucoup de praticiens parlent de piqures de rappel. Ils travaillent dans le monde de la santé , évidemment...

Je m'applique le "PDSA" a moi-même, et comme sur d'autres sujets, je m'autorise à améliorer cet article...