Les « hypomnemata » sont des supports de mémoire.  Michel Foucault, dans un article de 1983 intitulé L’écriture de soi, écrit : « Les hypomnemata, au sens technique, pouvait être des livres de compte, des registres publics, des carnets individuels servant d’aide-mémoire » (Foucault, Dits et écrits, t2, p. 1237).

La pratique de cette écriture de soi que nous essayons de pratiquer ici modestement a comme objectif de construire en vue  de questionner des éléments choisis. Dans ce sens  Foucault  écrit « L’écriture des hypomnemata s’oppose à cet éparpillement en fixant des éléments acquis et en constituant en quelque sorte « du passé », vers lequel il est toujours possible de faire retour et retraite. » (Ibid. p.1239).
La question importante est:  pour qui écrit-on? , puisque écrire pour soi dans les « hypnomemata » serait incompatible avec l’activité d’écriture sur le net.
Ecrire pour soi ou en guise d’échange sont deux activités difficilement disjointes. Personnellement, je m’interroge souvent sur le moment et la méthodologie du partage. S’il n’est pas utile à autrui, malgré l’intention pure ou du moins purifié.
La volonté qui a présidé à la création de ce site en 2005 c’est une volonté dont les intentions tentent d’être pures selon les réflexions kantiennes et donc une volonté qui obéit au concept du devoir.
Kant distingue agir conformément au devoir et agir par devoir. Ainsi, le commerçant qui sert loyalement ses clients agit conformément au devoir, mais ses motivations sont celles de l’intérêt, et non du devoir. Ce type d’action se range dans celui de la légalité, et non de la moralité. La moralité désigne une action faite en voulant accomplir son devoir :
Une action accomplie par devoir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle, mais de la maxime d’après laquelle elle est décidée
Il convient souvent de distinguer le légal ou le juste. Dans le domaine de la qualité, cette approche trouve souvent tout son sens. CQFD.

Aller à la barre d’outils